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25 mai 2009

Tunisie-Infrastructure : Le Port d'Enfidha intéresse le Koweit et le Canada


Suite à l’appel d’offre lancé récemment par la Tunisie pour le financement, la réalisation et l'exploitation du port en eaux profondes d'Enfidha, dans le cadre du système de concession, deux grands groupes internationaux ont exprimé leur intérêt pour cette offre. Il s’agit du groupe d'investissement koweitien "Al Mal Investment Compagny KSC » avec la société "Hutchison Port Holding-Groupe HPH" et le groupe canadien "SNC Lavalin".

Ces deux grands groupes ont déposé leurs dossiers auprès du ministère du transport qui est en train d’étudier les aspects techniques, financiers et économiques de ces offres conformément aux dispositions et aux procédures en vigueur en matière d'appel d'offres international.

Le nouveau port en eaux profondes d'Enfidha occupe une position centrale par rapports aux centres économiques en méditerranée et permettra de drainer une partie du marché de transbordement des conteneurs en méditerranée centrale.

A propos du groupe Koweitien

Al Mal Investment Compagny KSC est un groupe koweitien existant depuis 45 ans et doté d’une bonne réputation en matière d’affaires, notamment dans la fabrication et l’exportation des matériels immobiliers.

Quand au Hutchison Port Holdings (HPH), c’est un leader mondial en matière d’investissement dans les ports. Il détient 49 ports dans 25 pays, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe, en Amérique et en Australie.

A propos du groupe canadien

SNC-Lavalin est l'un des plus grands groupes d'ingénierie et de construction au monde et un acteur majeur en matière de propriété d'infrastructures et de services d'exploitation et d'entretien. Les sociétés du groupe SNC-Lavalin assurent des services d'ingénierie, d'approvisionnement, de construction, ainsi que de gestion et de financement de projets dans divers secteurs, notamment l'agroalimentaire, le secteur biopharmaceutique, les produits chimiques et le pétrole, l'environnement, les grands travaux de génie civil, le transport en commun, les mines et la métallurgie, l'énergie et la gestion de l'eau.

13 mai 2009

Le secteur sanitaire a toujours occupé une place privilégiée dans la politique économique et sociale en Tunisie



Le secteur sanitaire a toujours occupé une place privilégiée dans la politique économique et sociale en Tunisie, et, aujourd'hui, les indicateurs de santé de sa population sont supérieurs à ceux des autres Etats de la rive sud de la méditerranée.

1. Le label tunisien

Le secteur sanitaire a toujours occupé une place privilégiée dans la politique économique et sociale en Tunisie, et, aujourd’hui, les indicateurs de santé de sa population sont supérieurs à ceux des autres États de la rive sud de la Méditerranée.

Rien de surprenant, donc, à ce que le pays soit aussi l’un des rares du continent à s’être doté d’une industrie pharmaceutique performante, tant en termes de qualité et de sécurité que d’accessibilité aux médicaments.

Après la libéralisation du secteur, une industrie privée dynamique s’est développée et, en quinze ans, les laboratoires tunisiens ont renforcé les partenariats avec des multinationales qui leur ont confié la production et la commercialisation de certains de leurs produits, assurant ainsi le transfert de technologies. Aujourd’hui, la production locale de médicaments couvre la moitié de la consommation nationale (contre 7,5 % en 1987) avec, en particulier, le développement et la fabrication, en Tunisie, de médicaments génériques répondant aux normes internationales.

À l’heure où le secteur, au niveau mondial, connaît d’importants développements liés aux nouveaux moyens de recherche et à la biotechnologie, outre le défi de la qualité et de la quantité, la Tunisie doit désormais relever celui de la modernisation et de l’innovation. Pour rester dans la compétition, elle doit accroître encore sa production, mais aussi la diversifier dans le domaine de la biotechnologie : c’est la condition sine qua non pour augmenter la part de marché du médicament tunisien sur le marché local et pour améliorer ses performances à l’export. Ce qui implique des moyens financiers et une structuration dont l’industrie pharmaceutique tunisienne, qui compte des unités de tailles très disparates, ne dispose pas. Privés comme institutionnels, tous sont conscients qu’il est temps, comme on l’observe à travers le monde, d’opérer des fusions de façon à ce qu’émergent des laboratoires de plus grande taille… La taille critique nécessaire pour acquérir les moyens et la visibilité indispensables à la réalisation de ces objectifs.

Un consensus et un esprit de corps qui se confirment à travers la première édition du Salon international de la pharmacie et du bien-être en Tunisie, les 27 et 28 décembre, à Hammamet. Ainsi que l’explique Holya el-Materi, directrice du développement d’Adwya – la plus ancienne des firmes pharmaceutiques privées tunisiennes – et présidente du salon : « Tous les acteurs du secteur se sont serré les coudes pour organiser cet événement, dont l’objectif principal est de développer l’export. » Les industriels et les directeurs de la pharmacie et du médicament de plus de trente pays, européens et africains, ainsi que quelques ministres de la Santé invités par leur homologue tunisien doivent prendre part à la manifestation.

2. Une industrie jeune et disciplinée

L’industrie pharmaceutique tunisienne n’a pas encore vingt ans. Elle a pourtant déjà fait ses preuves et bénéficie d’une image de qualité. Face à la concurrence internationale et aux défis technologiques, elle doit désormais passer à un palier supérieur.

A la croisée des impératifs des politiques de santé publique et des exigences de rentabilité propres à tout secteur économique, l’industrie pharmaceutique n’est pas une industrie comme les autres. Surtout pas en Afrique, qui reste à la marge de l’activité pharmaceutique mondiale (moins de 2 % des 712 milliards de dollars de valeur générés par les laboratoires en 2007). Pis encore si l’on considère le seul marché du médicament sur le continent, qui ne représente que 1 % du marché mondial.

Selon Kamel Iddir, qui pilote la Direction du médicament et de la pharmacie (DPM) en Tunisie, « 88 % de la consommation mondiale de médicaments est le fait de seulement 15 % de la population », les États-Unis, le Japon et l’Europe étant les plus gros consommateurs. Pas étonnant, donc, que les plus grandes firmes pharmaceutiques soient américaines et européennes.

2.1. Une croissance rapide mais raisonnée

Plus surprenante, en revanche, est l’exception tunisienne. Avec l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc, la Tunisie est en effet l’un des rares pays du continent à s’être doté d’une industrie pharmaceutique, dont l’essor prend racine dans la politique économique, sociale et sanitaire menée depuis une quarantaine d’années et a suivi les progrès enregistrés par les indicateurs de développement humain : espérance de vie allongée, croissance démographique maîtrisée, pouvoir d’achat accru… Une évolution que reflète la courbe ascendante des dépenses de santé par habitant, qui ont progressé en moyenne de 12 % par an depuis 1990 pour s’établir à 370 dinars (DT, 218 euros) en 2006.

L’industrie pharmaceutique s’est développée en Tunisie grâce à la privatisation du secteur, en 1989, ainsi qu’à la mise en œuvre d’un cadre juridique et réglementaire particulièrement rigoureux, qui s’accompagne de mesures incitatives.

Le pays ne comptait que trois unités de production en 1987, toutes publiques : la Siphat (voir pp. 121 et 128), ex-filiale de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), l’institut Pasteur de Tunis (sérums et vaccins) et la Sovetex (produits vétérinaires), qui couvraient uniquement 7 % des besoins. Aujourd’hui, on compte plus de 40 unités de production : 31 sont dédiées aux médicaments à usage humain, 5 aux produits vétérinaires et une dizaine aux dispositifs médicaux (seringues, pansements, fil de suture, etc.). « La production locale couvre désormais 57 % des besoins nationaux en médicaments en volume, contre seulement 7,5 % en 1987, se félicite Maher Kamoun, président de la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique et PDG de la Siphat. Et le chiffre d’affaires du marché du médicament tourne aujourd’hui autour de 630 millions de DT. »

Il faut dire que, depuis le milieu des années 1990, le secteur privé a pris ses marques, encouragé par l’État, dont la priorité était – et demeure – de réduire les importations grâce à l’augmentation de la production locale. Pour ce faire, il fallait convaincre les investisseurs.

2.2. Public-privé : le bon dosage ?

Outre la garantie du respect des bonnes pratiques de fabrication – BPF ou, en anglais, Good Manufacturing Practice (GMP), norme réglementaire internationale qui encadre les « démarches qualité » des laboratoires pharmaceutiques –, une batterie de mesures incitatives a été mise en place. Des mesures d’ordre fiscal : exonération pour l’achat des matières premières et des articles de conditionnement importés et réduction des droits de douane pour les équipements ainsi qu’une TVA de 6 % au lieu de 16,82 %. D’ordre commercial : avantages dans le cadre de la réglementation des marchés publics. Mais aussi d’ordre réglementaire avec l’autorisation de la sous-traitance entre laboratoires depuis 1996, la possibilité pour les investisseurs étrangers de détenir 100 % du capital d’une société et la liberté de transfert de fonds.

Autant d’encouragements qui n’ont pas manqué de séduire les investisseurs privés nationaux et les multinationales (voir pp. 126 et 128) comme les laboratoires français Sanofi-Aventis et Pierre Fabre ou les américains Pfizer, Upsa et Baxter (ce dernier pour les seuls dispositifs médicaux). De seulement 9,28 millions de DT en 1989, les investissements cumulés dans le secteur ont ainsi atteint 403 millions de DT en 2008.

Doyen des laboratoires privés tunisiens, Adwya, créé en 1983 par la famille El-Materi, est entré en production l’année même de la libéralisation du secteur, en 1989. « Nous sommes le fournisseur numéro 1 des officines en fabrication locale », revendique Tahar el-Materi qui a su, le premier, négocier des contrats sous licence auprès des multinationales. D’autres laboratoires privés nationaux, tels Medis ou Teriak, ont aussi su s’imposer.

Fabriquer des produits sous licence pour le compte de grands laboratoires, c’est transformer et mettre en forme sans créer la formule… Une activité de sous-traitance qui a permis l’essor de l’industrie pharmaceutique locale en assurant le transfert de savoir-faire, notamment concernant la technologie de fabrication des molécules. Plusieurs firmes mondiales ont confié aux laboratoires tunisiens la fabrication, voire la commercialisation, de certaines gammes de leurs médicaments, contribuant à renchérir la valeur ajoutée des compétences tunisiennes. Pour gagner en valeur ajoutée, les autorités tunisiennes assujettissent à un taux de TVA de 18 % (au lieu de 6 %) les activités de façonnage, sous-traitance à faible rentabilité, qui ne sont autorisées qu’à hauteur de 20 % du chiffre d’affaires fabriqué.

Les règles du jeu sont claires, l’État ayant instauré un cadre réglementaire et juridique rigoureux et des garde-fous drastiques. « Les laboratoires font très attention avant de déposer leur dossier d’agrément en Tunisie, car notre système est structuré et exigeant », explique le Pr Oueslati, qui dirige le Laboratoire national du contrôle du médicament (LNCM). Il cite le cas d’un médicament utilisé comme coupe-faim, il y a plusieurs années : « La Tunisie a été parmi les premiers, avant même les États-Unis, à le retirer du marché. » Les médicaments sont drastiquement contrôlés avant et après leur mise sur le marché. À l’instar du LNCM, plusieurs entités technico-administratives veillent : la Direction de l’inspection pharmaceutique (DIP), qui a autorité pour faire des prélèvements d’échantillon, le Centre national de pharmacovigilance (CNP), qui assure le suivi d’éventuels effets indésirables, et l’Agence nationale de contrôle sanitaire et environnemental (ANCSEP), qui veille à la conformité des produits importés. Tous sont rattachés à la Direction de la pharmacie et du médicament, qui dépend elle-même du ministère de la Santé. « La DPM, explique son directeur, Kamel Iddir, délivre les autorisations de mise sur le marché ainsi que les autorisations de dédouanement des lots de médicaments importés. »

2.3. Les règles du jeu

Autre garde-fou de taille : le monopole qu’exerce la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT) sur l’importation des médicaments (voir schéma p. 116), le seul des trois monopoles (fabrication, importation et commercialisation) qu’elle ait conservé de son statut d’antan.

Désormais, elle centralise les achats de médicaments qu’elle effectue (par appel d’offres ou de gré à gré) et en répartit la distribution : elle livre directement aux structures hospitalières publiques (via 5 succursales régionales) et, pour approvisionner les officines privées, passe par l’intermédiaire de ses 3 succursales de distribution et par une quarantaine de grossistes-répartiteurs privés, dont le plus important est la Cogepha, créée et dirigée par Saïda Balti (voir p. 126). La PCT assure aussi la stabilité des prix des médicaments en compensant, de sa poche, les hausses des prix d’importation. Ainsi, une fois le prix de vente d’un produit fixé, celui-ci n’est jamais modifié. S’il est rare de voir un monopole salué par le secteur privé, c’est pourtant le cas de la PCT. Certes, les rumeurs de privatisation de son activité d’import circulent et attisent les convoitises. Mais les laboratoires reconnaissent au système actuel l’avantage de limiter les risques de contrefaçon, véritable fléau, presque inexistant en Tunisie, alors qu’il sévit dans nombre de pays émergents.

Le modèle tunisien d’industrie pharmaceutique est donc en partie paradoxal, qui s’appuie à la fois sur une présence forte de l’État et sur le secteur privé. Et qui mène une politique de « patriotisme économique » favorisant la production locale, a priori contradictoire avec les principes de libre-concurrence défendus par les instances internationales (notamment dans le cadre des Accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, ADPIC)… Cependant, toutes, à commencer par l’Organisation mondiale de la santé, étudient, commentent et saluent le modèle tunisien. Dont l’OMS a agréé plusieurs organismes, comme la DPM et le LNCM, consacrant ainsi un « label » tunisien.

3. Repères (Données pour l’année 2007)

3.1. INDICATEURS SANTÉ

Population 10,4 millions d’habitants

Croissance démographique 1,18 %

Mortalité infantile 18,4 ‰

Indice de développement humain (IDH) 0,766 (rang : 91e sur 177)

Espérance de vie 74,3 ans

Dépenses de santé par habitant 370 DT (218 euros) en 2006

Part du médicament dans les dépenses de santé 17 %

Couverture vaccinale 96 %

Couverture médicale 1 médecin pour 970 habitants (10 554 médecins), 1 858 dentistes (1 pour 5 447 hab.), 2 255 pharmaciens (1 pour 5 020 hab.), 31 758 paramédicaux (1 pour 319 hab.)

3.2. L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE EN TUNISIE

Investissements cumulés 403 millions de DT

Unités de production 41, qui emploient plus de 3 800 personnes (dont 37 % de pharmaciens, ingénieurs, techniciens supérieurs et managers).

Valeur de la production locale 293 millions de DT. La production locale de médicaments sous licence (54 %) et de médicaments génériques (46 %) couvre 47 % en valeur et 57 % en volume de la consommation nationale (contre 7,5 % en 1987), 7 % sont destinés à l’export .

Valeur des importations sanitaires 346 millions de DT. En 2007, le pays s’est approvisionné auprès de 36 marchés dont la France (45 %), l’Italie (8 %), la Suisse (8 %), le Danemark (7 %), le Royaume-Uni (6 %) et l’Allemagne (5 %).

Valeur des exportations sanitaires 320 millions de DT, dont 20 millions pour les médicaments : 75 % sont destinés à 4 marchés (Libye, Algérie, France, Maroc) et le reste vers une vingtaine d’autres pays (Suisse, Italie, Mauritanie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Madagascar, Jordanie, Yémen, Arabie saoudite, Émirats arabes unis…).

4. Pendant ce temps, chez les voisins…

Leader incontesté sur le continent, l’Afrique du Sud a développé une industrie pharmaceutique performante. On se souvient du fameux bras de fer engagé contre les « Big Pharma », remporté par l’État sud-africain en 2001. Au nord, outre la Tunisie, l’Égypte, le Maroc et l’Algérie avancent eux aussi leurs pions.

Concurrent direct du modèle tunisien, le Maroc bénéficie d’une expérience plus ancienne, née dans les années 1960. Fort de 35 sites de production, le royaume couvre 70 % des besoins nationaux et exporte 8 % à 10 % de sa fabrication, selon l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (Amip). Cependant, les médicaments made in Morocco demeurent chers, particulièrement au vu du faible pouvoir d’achat des Marocains, dont la consommation en produits pharmaceutiques est bien moindre qu’en Tunisie et en Algérie.

Justement, l’Algérie est un marché prometteur de 34 millions de consommateurs, couvert par un système d’assurance maladie étendu, auquel les grands laboratoires commencent à s’intéresser. Les Algériens sont les plus gros consommateurs de médicaments et produits pharmaceutiques du Maghreb. D’après le cabinet d’étude Market and Resarch, le marché pharmaceutique algérien se chiffrera à 1,26 milliard de dollars (959 millions d’euros) d’ici à 2012… Le pays, fortement dépendant de l’importation (900 millions d’euros en 2006), amorce depuis peu une reprise en main du secteur. Objectif : relancer une industrie locale.

L’Égypte et ses 72 millions d’habitants font aussi saliver les investisseurs. Quelque 74 sociétés locales couvrent 93 % de la demande. Points faibles : une politique de santé publique défaillante et une faible couverture d’assurance maladie.

Point commun à tous ces pays qui, pourtant, n’en sont pas au même stade : s’ils ne se donnent pas des moyens d’asseoir, au plus vite, une industrie pharmaceutique nationale solide, les « Big Pharma » n’en feront qu’une bouchée.

5. Maher Kamoun « Il faut se préparer à la nouvelle génération de produits issus des biotechnologies »

Le PDG de la Siphat, président de la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique (Cnip), revient sur les particularités de son entreprise et sur les enjeux stratégiques du secteur.

J.A : Quelle est la spécificité de la Société des industries pharmaceutiques de Tunisie (Siphat) ?

Maher Kamoun : La Siphat est née en 1989 de la restructuration de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT). Elle est à part dans le paysage de l’industrie pharmaceutique tunisienne car, outre son statut d’entreprise publique, elle pèse pour 13,67 % dans la production nationale et satisfait à elle seule 6,61 % des besoins du pays en médicaments. Elle a élargi sa gamme de produits et commercialise aujourd’hui 123 produits officinaux et 96 produits hospitaliers. Elle fabrique aussi des produits sous licence pour le compte d’une dizaine de laboratoires étrangers (français, allemands, américains, espagnol et jordanien).

Nous disposons en outre d’un portefeuille de participations dans d’autres entreprises importantes du secteur : 15,97 % de Saiph, 30 % de Pfizer Tunisie, 35 % de Pierre Fabre Tunisie et 5 % du capital de la technopole de Sidi Thabet. Enfin, nous avons été la première entreprise du secteur à être cotée en Bourse, en 2001. À cette occasion, la Siphat a ouvert 32,2 % de son capital aux investisseurs privés.

Comment vous adaptez-vous aux mutations en cours, tant sur le plan national qu’international, dans le secteur ?

Nous avons engagé ces dernières années un vaste programme de mise à niveau et investi 3 millions de dinars (1,7 million d’euros) par an en moyenne pour valoriser les ressources humaines, moderniser les équipements et augmenter la capacité de production. Nous avons ainsi consacré plus de 267 000 DT (150 000 euros) à la formation de près de 500 agents en 2007, contre 262 000 DT en 2006. Une nouvelle ligne de remplissage de solutés perfusables en flacons, d’un coût de 2 millions de DT, va nous permettre de produire 3 millions de flacons supplémentaires par an.

Nous sommes aussi en travaux pour accueillir sur notre site un nouveau laboratoire, qui abritera les ateliers de production de la société que nous avons créée en joint-venture avec Pierre Fabre. Tout devrait être prêt pour le quatrième trimestre de 2009.

Quels sont les défis à venir ?

En septembre 2008, il a été décidé en Conseil interministériel de faire de la Tunisie un pôle d’exportation des produits de santé à l’horizon 2016. Du coup, le ministère de la Santé publique, aidé du ministère de l’Industrie, va lancer une étude stratégique. L’objectif est d’en extraire une feuille de route pour dynamiser l’export.

Par ailleurs, de nouvelles générations de produits vont apparaître, à base de biotechnologies, qui vont être appelés à prendre la place des médicaments chimiques classiques. La Tunisie doit s’y préparer.

Quelles sont les doléances de la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique, que vous présidez ?

Nous nous sommes réunis le 5 décembre dernier. À l’ordre du jour, nous avions décidé d’étudier les dernières décisions issues du Conseil interministériel de septembre, on a évoqué la possibilité de s’ériger en consortiums pour se renforcer à l’export.

Mais nous avons aussi des revendi cations sur les prix des médicaments et les procédures d’appels d’offres hospitaliers.

6. Un système de santé rationalisé

La création, en 2007, de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) découle de la réforme du système de santé tunisien, actée par la loi d’août 2004 et entrée en vigueur le 1er juillet 2007. Objectif : assurer l’équité de l’accès aux soins en instituant un régime de base obligatoire. Fait inédit en Tunisie, « des relations conventionnelles avec les prestataires de soins » ont ainsi été instaurées, se félicite Naceur el-Gharbi, PDG de la Cnam, qui a dû déployer des trésors de diplomatie pour désamorcer les résistances à la réforme. Son organisme, devenu l’unique gestionnaire du nouveau régime, encadre les modalités de remboursement des frais de santé. Et El-Gharbi est clair : « Nous remboursons sur la base du générique le moins cher. S’il n’existe pas de générique, on rembourse le princeps. » Voilà qui devrait favoriser la promotion des génériques et, partant, la production locale. Quant aux délais de remboursement, sujet d’inquiétude pour les prestataires, qui craignent des problèmes de trésorerie en cas de retards de paiement, « la Cnam a l’obligation de respecter les délais fixés, précise Naceur el-Gharbi, sept jours pour les officines, quinze jours pour les médecins et vingt et un jours pour les cliniques ».

7. De la révolution générique à l’export

Le défi des laboratoires tunisiens est de diversifier leur production et d’augmenter leurs parts de marché, dans le pays et à l’étranger. L’État, lui, doit faciliter la diffusion des génériques et définir un système de révision des prix de vente.

Parallèlement à l’amélioration des indicateurs de développement humain – allongement de la durée de vie, accès aux soins pour un plus grand nombre… –, la consommation des Tunisiens en médicaments va crescendo. En la matière, le pays connaît une évolution comparable à celle des nouveaux États membres de l’Union européenne. Le premier volet de la stratégie tunisienne est donc de continuer à accroître la production locale pour réduire la facture d’importations et enrayer l’inflation des dépenses de santé. Souci conduisant à une seconde priorité : promouvoir les génériques et faciliter leur distribution. Copies autorisées de médicaments originaux (princeps) dont les brevets, après vingt ans d’exclusivité, sont tombés dans le domaine public, les génériques représentent aujourd’hui 46 % de la production locale, 45 % des médicaments distribués à travers le réseau des hôpitaux… Et seulement 10 % de ceux vendus dans les officines. C’est dire la marge de progression.

Les laboratoires nationaux n’ont pas manqué d’investir le créneau. La Siphat (voir pp. 121 et 128) met sur le marché entre deux et trois nouveautés par an et réalise 83 % de son chiffre d’affaires avec les génériques. Chez le privé Teriak, des frères Kilani, ils constituent 40 % de la production. Le médicament phare de Medis est l’Ator, générique du Tahor (leader mondial des anticholestérol). Quant au Vascor, lancé en 2004 par Adwya, « il a battu l’an dernier les ventes en Tunisie de Zecor, numéro un mondial », affirme Tahar el-Materi, le président et fondateur du premier laboratoire privé national, qui parie désormais sur sa gamme de génériques en cardiologie.

7.1. L’union fera la force

Le bénéfice est double : entre 30 % et 40 % moins cher pour le patient que les princeps, les génériques offrent en outre une meilleure rentabilité aux laboratoires tunisiens car, malgré des prix de vente moindres, la marge commerciale dégagée est généralement supérieure à celle d’un produit sous licence (jusqu’à 30 %). En l’occurrence, le prix de vente est lié à l’innovation car plus le générique est récent, moins il a de concurrents sur le marché et plus son prix est élevé.

Un bémol cependant : le principe de corrélation, mis en place en 1991, qui interdisait l’importation d’un produit fabriqué localement, a été aboli en 2007 sous la pression de l’Union européenne et des États-Unis, « alors que l’Algérie a annoncé [en octobre 2008, NDLR] qu’elle allait l’instaurer », relève Tahar el-Materi.

Du coup, les industriels sont dans l’expectative, certains s’inquiétant de la réforme du système d’assurance maladie (voir encadré p. 123). Et si les nouvelles règles de remboursement produisaient un effet baissier sur les prix et réduisaient les marges commerciales ?

Par ailleurs, s’il s’est étoffé, le tissu industriel pharmaceutique demeure caractérisé par des unités de petite taille. À cette faiblesse structurelle s’ajoute la dépendance aux bailleurs de licences : non seulement les laboratoires tunisiens ont l’obligation de leur acheter la matière première (substances actives), mais les bailleurs ont aussi le pouvoir de dénoncer les contrats, à durée déterminée. Difficile, dans ces conditions, pour les fabricants locaux, d’envisager l’avenir en toute sérénité.

« Partout dans le monde, les laboratoires fusionnent. Il faut qu’ici aussi ils se rapprochent, estime Tahar el-Materi. En effet, la taille des unités est très inégale et ne permet pas d’avoir la visibilité et les moyens nécessaires pour assurer les objectifs de diversification dans le domaine de la biotechnologie et d’amélioration des performances d’exportation. Il sera donc indispensable de passer à une étape de fusion, essentielle si l’on veut atteindre la taille critique requise pour relever ces défis. » Un point qui fait consensus, tant du côté des acteurs institutionnels que des privés tunisiens.

Les plus gros d’entre eux exportent déjà vers les pays voisins, notamment en Algérie, dont le système d’assurance santé couvre 33 millions de consommateurs potentiels. « Un marché au moins trois fois plus grand qu’en Tunisie », s’enthousiasme Lassaad Boujbel, le PDG de Medis. Son laboratoire a acquis 50 % du capital de l’algérien Inphar, fin 2006, et vient d’être enregistré en Libye. De son côté, la Siphat a vu ses exportations bondir de 112 % cette année et compte bien faire mieux en 2009. Autres débouchés à l’export : l’Afrique subsaharienne francophone (Côte d’Ivoire, Sénégal…), intéressée par la qualité et les petits prix des médicaments tunisiens, les pays du Golfe mais aussi l’Europe – déjà bonne cliente – et les États-Unis.

7.2. Le pari de l’innovation

Le dernier défi que s’est lancé la Tunisie : investir dans la biopharmacie. Un pari de taille, au vu de la genèse de l’industrie locale caractérisée par la sous-traitance et un environnement protégé. Jusqu’ici, l’innovation pharmaceutique n’a pas été la priorité des laboratoires tunisiens, faute de moyens technologiques et financiers – alors que les laboratoires internationaux réservent entre 15 % et 20 % de leurs revenus à la recherche et développement (R&D). Un premier pas en ce sens s’esquisse avec le projet Sidi Thabet BiotechPole : 112 hectares dédiés à la promotion de la R&D tunisienne. Reste à achever les travaux et à convaincre les investisseurs. La santé n’a pas de prix… mais elle a un coût.

8. Amor Toumi

L’ancien directeur de la Pharmacie et du Médicament et du Laboratoire national de contrôle des médicaments est désormais conseiller auprès de l’OMS, à Genève.

J.A : Quelles actions l’OMS mène-t-elle en faveur des pays émergents – ou intermédiaires –, comme la Tunisie ?

Pr Amor Toumi : L’OMS a deux missions : d’une part, améliorer et assurer l’accessibilité aux soins et, d’autre part, optimiser la qualité des médicaments sur le marché. Dans le cadre des fonds mondiaux destinés à financer les programmes de soutien aux pays émergents, l’OMS a mis en place depuis cinq ans un programme d’agrément des fournisseurs de médicaments. Celui-ci a permis à une centaine de personnes d’être formées à l’évaluation des dossiers pharmaceutiques, l’inspection des établissements pharmaceutiques et à la préparation de dossiers de médicaments.

Quelle est la position de l’OMS vis-à-vis des génériques ?

Ils constituent un élément fondamental dans l’amélioration de l’accessibilité aux médicaments. D’où l’utilité des normes standard qu’a définies l’OMS pour que les pays émergents disposent des mêmes références. En mai 2008, l’Assemblée mondiale de la santé a examiné une résolution sur l’accès aux médicaments, l’innovation et la propriété intellectuelle. Les priorités des pays développés ne sont pas celles des pays émergents, cependant, des consensus se dégagent.

Qu’en est-il de la lutte contre la contrefaçon ?

Pour l’OMS, il s’agit d’un problème de santé publique et non de propriété intellectuelle. J’ai eu à visiter certains pays, notamment d’Afrique subsaharienne, où l’on ne peut qu’être choqué par certaines dérives des marchés de la rue. L’OMS a donc mis en place une coalition qui regroupe ses 193 pays membres associés à d’autres acteurs (Interpol, Organisation mondiale des douanes, Conseil de l’Europe aux médicaments, etc.).

L’assemblée générale du groupe spécial international chargé de la lutte contre les contrefaçons de produits médicaux (Impact) s’est tenue en Tunisie du 3 au 5 décembre dernier. C’est la première fois que la réunion se tenait en Afrique. Cette assemblée a notamment émis le vœu de voir l’OMS adopter une résolution claire et forte en mai 2009, lors de l’Assemblée mondiale de la santé.

9. Des entreprises modèles

Laboratoires tunisiens ou multinationales, ils font partie de ceux qui ont permis l’essor du secteur dans le pays.

9.1. Adwya Le pionnier

Doyen et leader des laboratoires privés tunisiens, Adwya a été créé dès 1983 par les frères Tahar et Moncef el-Materi, respectivement président du conseil d’administration et directeur général. Seul laboratoire « familial » tunisien à avoir été introduit en Bourse, en juin 2007, Adwya prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 42 millions de dinars (DT, 23,5 millions d’euros) pour 2008, contre 36,8 millions en 2007. Il réinvestit en moyenne 1 million de DT par an. Le laboratoire dispose de deux usines, l’une dédiée aux produits pénicilliniques (antibiotiques), l’autre aux non-pénicilliniques. Dotées de chaînes de production et de conditionnement pour les formes sèches et pour les formes liquides, elles offrent une capacité de production annuelle de 20,5 millions d’unités.

« Pendant ses quinze premières années, Adwya n’a fait que de la production sous licence, notamment pour l’Augmentin, qui a fait notre succès, explique Tahar el-Materi. Et nous continuons de produire pour les multinationales, Glaxo SmithKline, Sanofi-Aventis, Merck-Serono, Astra-Zeneca, Abott, Bouchara- Recordati, Pierre Fabre et Solvay Pharma. » En outre, Adwya crée, développe, produit et commercialise désormais des médicaments génériques sous sa propre marque. Ils représentent 21 % de son chiffre d’affaires. Une activité aux perspectives prometteuses puisque sa gamme de génériques, dans différentes familles thérapeutiques, compte déjà une vingtaine de produits, et que plusieurs sont en cours de développement ou d’enregistrement.

Enfin, le laboratoire a placé la croissance à l’export parmi ses priorités. « Nous avons fait évoluer notre stratégie à l’export, précise Tahar el-Materi, et souhaitons privilégier les associations en joint-venture avec des partenaires sur place, notamment en Algérie. » Par ailleurs, Adwya a mis en place une démarche d’accréditation afin de pouvoir exporter vers l’Europe.

9.2. Cogepha Un maillon essentiel

Créée en 1986 et toujours dirigée de main de maître par sa fondatrice, Saïda Balti, la Cogepha, leader des grossistes-répartiteurs du pays, a enregistré un chiffre d’affaires de 72 millions de DT en 2007 et table sur 92 millions pour l’exercice 2008. Grâce à ses quelque 12 700 m2 répartis en 5 sites de stockage à travers le pays, la Cogepha livre, de jour comme de nuit, plus de 1 000 officines. Début 2009, toute sa logistique de stockage sera gérée par RFID (système d’identification par radiofréquence).

9.3. Saiph Une vocation panarabe

Pilotée depuis son lancement, en 1993, par Abdelfatah Fassataoui, la Société arabe des industries pharmaceutiques est la propriété d’un consortium de fonds d’investissement arabes (libyens, saoudiens, jordaniens). En outre, 16 % sont détenus par la Siphat. Spécialisée dans les traitements pour les pathologies cardiovasculaires, Saiph exporte en Algérie, en Libye, en Jordanie, au Yémen, en Arabie saoudite et en Irak, ainsi qu’en Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Bénin, Burkina Faso, Congo et Cameroun).

9.4. Teriak Un jeune ambitieux

Créé en février 1996, Teriak a lancé sa production en juin 2000, après quatre ans de procédures et d’enregistrements. Filiale à 86 % du groupe familial Kilani, Teriak a remporté de nombreux contrats sous licence (66 % de sa production, contre 33 % de génériques), notamment auprès de GlaxoSmithKline, Novartis, Pfizer, Roche, Solvay- Pharma, Sanofi-Aventis. Résultat : un chiffre d’affaires de 15,1 millions de DT en 2007 et escompté à 18,5 millions de DT en 2008, dont 2,5 % réalisés à l’export, principalement vers l’Afrique de l’Ouest.

9.5. Medis Génériqueur à forte valeur ajoutée

Medis, propriété du groupe Boujbel (Tuninvest en a une part congrue), a obtenu sa première AMM en 2000, quatre ans après sa création. « Les trois premières années ont été difficiles financièrement », reconnaît son PDG Lassaad Boujbel. Mais la persévérance a payé pour ce laboratoire dont 99 % de la production sont des génériques (l’italien Farmigea est son seul bailleur de licence) et qui a racheté 50 % de l’algérien Inpharm.

MediS devrait réaliser un chiffre d’affaires de 26,5 millions DT en 2008, contre 20 millions de DT en 2007. L’activité export (Maroc, Algérie, Jordanie, Libye, Irak, Afrique de l’Ouest, mais aussi États-Unis et République tchèque…) représente déjà 12 % du chiffre d’affaires du laboratoire, qui vise désormais le marché européen.

9.6. Siphat La force du service public

Semi-publique, née en 1989 de la restructuration de la Pharmacie centrale dont on l’a découplée, la Société des industries pharmaceutiques de Tunisie (voir p. 121) est la première société du secteur à avoir été cotée en Bourse en 2001 (32,2 % détenus par des petits porteurs). Outre ses propres génériques, elle fabrique sous licence pour les français Solvay, Synthelabo, Innotech, Viotris, Zambon, Biogalénique, les allemands Bayer et Boehringer, les américains Baxter et Léo, l’espagnol Ferrer Pharma et le jordanien Dar Eddawa. Son chiffre d’affaires devrait atteindre 41 millions de DT en 2008, contre 40,36 millions de DT en 2007. Elle a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires à l’export (Algérie, Libye, Yémen, Sénégal) de 2,441 millions de DT, en hausse de 179 %, et compte développer ses ventes à l’international en 2009.

9.7 Pfizer Tunisie Le géant mondial, de la fabrication à la distribution

Doté d’un capital de 1,35 million de DT (70 %, à travers Pfizer Holding France, à la multinationale américaine Pfizer, leader mondial du secteur, et 30 % à la société nationale, la Siphat), Pfizer Tunisie, dirigé par Hatem Hachicha, a réalisé un chiffre d’affaires de 8 millions de DT en 2007 et table sur 9,5 millions en 2008 (soit moins de 1 % du chiffre d’affaires global du groupe). Son blockbuster, l’anticholestérol Tahor, a été le premier produit commercialisé par le laboratoire en Tunisie, suivi d’Amlor, Feldene, Diflucan…

De 5 % en 2000, le taux de fabrication locale de Pfizer Tunisie a atteint 45 % en 2007. Quant au chiffre d’affaires, il a triplé en quatre ans, pour s’établir à 12 millions de DT en 2007. Le laboratoire s’est doté d’une autre société, dédiée à la promotion commerciale : Pfizer Pharmaceuticals Tunisie, filiale de Pfizer à 100 %.

9.8. Sanofi-Aventis Tunisie WPT, nouvelle entité générique

Fruit d’une fusion entre Aventis-Pharma et Synthelabo Adwya (après la fusion, en 2004, de Sanofi-Synthelabo et d’Aventis, désormais 1er laboratoire européen et 3e mondial), Sanofi-Aventis Tunisie, piloté par Patrice Fuster, revendique 18 % de parts de marché dans le pays et un chiffre d’affaires de 36,3 millions de DT en 2007, qu’il espère voir dépasser les 44 millions pour l’exercice 2008.

Le laboratoire s’est dédoublé en deux entités : Sanofi-Aventis Pharma Tunisie (SAPT) et Winthrop Pharma Tunisie (WPT), créée en 2008 et dédiée aux génériques. Ses deux sites de production, qui ont bénéficié d’un investissement total de 27 millions de DT, ont permis de commercialiser près de 20 millions de boîtes de médicaments cette année. À l’export, Sanofi-­Aventis Tunisie a empoché plus de 200 000 euros sur le marché français, près de 30 000 euros en Libye et moins de 25 000 au Sénégal. L’exportation vers l’Algérie est en cours d’enregistrement.


Les hommes d'affaires maghrébins estiment qu'une union économique régionale est parfaitement réalisable

Une union économique maghrébine est parfaitement réalisable, ont affirmé lundi à Alger les participants au premier Forum des hommes d'affaires maghrébins, estimant que l'espace économique maghrébin dispose de nombreux atouts qui peuvent être mis à profit pour le développement économique de la région. "Cette union doit se construire progressivement sur une longue période selon un processus volontaire", a soutenu le président de l'Union maghrébine des employeurs (UME), M. Eladi El Djilani dans une déclaration à l’agence de presse algerienne. M. Djilani qui est également président de l'Union tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA), a affirmé que "les facteurs en faveur d'un processus d'intégration sont forts et variés", faisant remarquer, toutefois, que "les éléments qui entravent un tel processus sont aussi importants".

5 mai 2009

Vers un marché intégré au sud de la Méditerranée

Accord d’Agadir



S’il est vrai que l’Europe a réussi à s’intégrer en un marché unique, il n’en demeure pas moins que les pays du Sud sont toujours à la quête de cet objectif. Pourtant un marché intégré au Sud, faciliterait davantage l’ancrage à l’économie européenne et la mise en place d’une zone de libre-échange euro- méditerranéenne. L’Accord d’Agadir, signé le 25 février 2004, entre l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie visait à établir une zone de libre-échange entre eux. Entré en vigueur en 2006 et mis en œuvre réellement en mars 2007, l’Accord d’Agadir (Accord arabo-méditerranéen de libre-échange) est, aujourd’hui encore, très peu connu par les opérateurs économiques de la région et, pourtant, ses avantages sont multiples.
Avec un potentiel de 250 millions de consommateurs, le sud de la Méditerranée est la région du monde où, le commerce intrarégional est le plus faible. Il ne représente qu’à peine 5%. Il en est de même pour les Investissements Directs Etrangers (IDE) qui ne connaissent pas un meilleur sort. La région Euro-Med n’a drainé depuis l’an 2000 qu’environ 1% des IDE européens. D’où, l’impératif d’un effort de coopération et d’intégration Sud-Sud pour une meilleure intégration régionale qui rendrait toute la zone plus attractive pour le commerce et les Investissements. Sur la base de ce constat, la Tunisie, le Maroc, l’Egypte et la Jordanie ont exprimé leur volonté et leur intention de créer une zone arabe euro-méditerranéenne de libre-échange dont la finalité est de stimuler le commerce entre les quatre pays membres et surtout entre eux et les pays de l’Union Européenne; de développer l’intégration économique à travers l’application des règles d’origine et de promouvoir les investissements européens et internationaux dans l’Espace Agadir qui compte déjà plus de 120 millions de consommateurs.
L’Accord d’Agadir s’inscrit parfaitement dans la ligne du processus de Barcelone. Il contribue à la réalisation de ses objectifs dont notamment l’instauration d’une zone euro-méditerranéenne de libre-échange. Plus encore, l’accord d’Agadir est en concordance avec les principes et les exigences de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), au sein de laquelle les quatre pays sont membres, tout comme il est en harmonie avec la charte de la Ligue Arabe qui encourage la coopération inter arabe et tend à la mise en place de la Grande Zone de Libre Echange Arabe.
Opérationnel depuis avril 2007, suite à la mise en place du Comité technique, présidé par la Tunisie, en la personne de M. Férid Tounsi, l’accord d’Agadir bénéficie de l’assistance technique et financière de l’Union Européenne qui souhaiterait voir émerger un marché intégré au Sud, qui serait plus attractif pour les IDE ainsi que pour les échanges commerciaux. D’ailleurs, les avantages d’un marché commun Sud Méditerranéen sont nombreux. Il s’agit en premier lieu de garantir une intégration régionale et un développement des échanges commerciaux; de créer des emplois et des richesses. Sans compter qu’un marché intégré au Sud stimulerait davantage les investissements et les partenariats intra-sud Méditerranée, Europe-Sud Méditerranée ainsi que les investissements et les partenariats étrangers dans le sud de la Méditerranée.

Constitution d’un noyau dur
En effet, la dimension «Marché» est un déterminant important pour l’investissement et l’Accord d’Agadir est une réponse concrète à ce déterminant, en favorisant la construction d’un marché unique de plus de 120 millions de consommateurs. Et à ce titre, il peut constituer le noyau d’un futur marché commun sud-méditerranéen. Selon M. Férid Tounsi, plusieurs pays du sud de la Méditerranée ont manifesté leur volonté d’adhérer à l’accord d’Agadir. Un accord dont les spécificités sont énormes pour faciliter le commerce entre les pays signataires. En effet, l’accord prévoit la suppression des droits de douane sur les échanges entre les pays membres; l’adoption des règles d’origine Pan Euro-Med permettant le cumul d’origine entre les états membres et entre eux et la zone Euro- Med; l’adoption du certificat de circulation Euro Med, véritable passeport des marchandises produites dans l’Espace Agadir vers la Zone Euro Med. L’Accord d’Agadir permet ainsi, la liberté de circulation des marchandises de ses pays membres, dans les marchés de plus de 30 pays de la zone Euro-Med, grâce au certificat de circulation Euro-Med.
Depuis sa mise en place, le Comité Technique a réalisé quatre missions principales dont la promotion de l’accord et ses avantages, la formation, le suivi des dispositions de l’accord et la réalisation des études sectorielles dont notamment celle relative aux possibilités de complémentarités dans le secteur du textile et de l’habillement; le secteur des industries mécaniques et électriques (IME).

Une plus grande implication du privé
Quant aux perspectives de l’Accord d’Agadir, le comité technique entend de poursuivre ses efforts afin de consolider la complémentarité économique entre les pays membres ; d’inciter à la libéralisation du commerce intrarégional; de renforcer le partenariat arabo-euro-méditerranéen et de faire de l’espace Agadir, une zone intégrée et plus attractive d’investissements directs étrangers.
Les grandes orientations du plan d’action pour la prochaine étape seront concentrées sur une plus grande implication du secteur privé dans les programmes d’application et de mise en œuvre de l’Accord d’Agadir, au niveau de la promotion, de la formation et des études; d’assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues des deux études sectorielles précédentes; d’organiser la participation collective des entreprises des quatre pays, dans les foires et salons internationaux spécialisés, et de créer une banque de données et un observatoire statistique, pour suivre l’évolution de la concrétisation des objectifs de l’Accord.
Le Comité technique poursuivra, en parallèle, la réalisation des études sectorielles, tendant à identifier les opportunités de coopération, de partenariat et de complémentarité entre les pays membres de l’Accord. Dans ce sens, deux nouvelles études seront engagées, l’une portant sur la création d’un réseau de transport reliant les pays membres à l’Union Européenne. Elle concernera l’identification de visions stratégiques du réseau de transport et les moyens de consolider les échanges intrarégionaux, l’attraction des IDE; la promotion des exportations. Cette étude aura pour finalité de mettre en place un plan d’action avec une vision stratégique d’un projet d’infrastructure de base, entre les pays membres de l’accord et sa promotion auprès de l’Union Européenne, en tant que projet d’intérêts communs, à financer dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Autres études non moins importantes envisagées, celles relatives au secteur du cuir et de la chaussure. Un secteur qui dispose d’atouts compétitifs importants dans la région à même de consolider le partenariat entre les pays membres et de garantir l’intégration et la complémentarité.
Écrit par Insaf Boughdiri

Environnement juridique et fiscal

Gouvernance, transparence et compétitivité, clés de réussite de l’entreprise
L’environnement juridique et fiscal de l’entreprise en Tunisie se restructure et se réinvente au rythme de mutations induites par la mondialisation. Les réformes engagées, ces dernières années, ont amélioré les conditions de l’activité des opérateurs économiques.
Une récente étude dont les résultats ont été présentés lors d’un séminaire organisé récemment à la Maison de l’entreprise, montre les difficultés qui persistent.
Selon M. Néji Baccouche, professeur à la faculté de droit de Sfax, les imperfections apparaissent à trois niveaux.
Les exigences de la gouvernance de l’entreprise sont insuffisamment prises en compte, tant par le droit des sociétés, qui contient des lacunes liées essentiellement à l’absence au sein de l’entreprise de contre pouvoirs capables d’éviter les abus et en même temps crédibiliser l’entreprise auprès des tiers et de ses membres, que par les règles relatives à l’ingénierie financière de l’entreprise.
Au niveau de l’environnement institutionnel, diverses facilitations ont été introduites dans le dispositif juridique pour favoriser la création d’entreprises. Toutefois, beaucoup d’insuffisances subsistent. Elles concernent à la fois des services publics d’appui de l’entreprise, même si le rôle de ces services s’améliore régulièrement et les institutions privées d’intermédiation financière dont le rôle semble être limité, même si ces institutions ont foncièrement évolué.
Au niveau de l’environnement fiscal, on note que le régime fiscal auquel est soumise l’entreprise, la nature de la relation entre l’entreprise et l’administration fiscale, la perception de l’opération économique, de l’effectivité des règles fiscales et leur justesse, influencent, dans une large mesure, non seulement le fonctionnement interne de l’entreprise, mais aussi l’accomplissement par cette dernière de ses obligations fiscales vis-à-vis de l’Etat.

Gouvernance et transparence
Selon M. Baccouche, la gouvernance de l’entreprise est conditionnée par l’observation de la transparence. Or, il semble que dans la pratique la transparence, aussi bien de l’entreprise que de l’administration fiscale elle-même, est loin d’être suffisamment enracinée. Elle est même sacrifiée.
Par ailleurs, la bonne gouvernance de l’entreprise, ajoute-t-on, est en étroite corrélation avec la compétitivité de l’entreprise, mais la compétitivité fiscale semble être mise à mal dans la mesure où la fiscalité supportée par l’entreprise tunisienne s’avère lourde par rapport à ses concurrentes étrangères.
S’agissant de la transparence de l’entreprise tunisienne, cette exigence risque d’être sacrifiée, soit à cause de l’ampleur du secteur informel, soit à cause du manque d’une culture fiscale de transparence chez les décideurs au sein de l’entreprise.
S’agissant de l’administration fiscale, elle est encore mal perçue par l’entreprise tunisienne.
Malgré toutes les réformes globales et ponctuelles du système fiscal, l’on constate que l’entreprise tunisienne baigne dans un environnement fiscal qui freine quelque peu ou prou sa compétitivité.
La lourdeur de la charge fiscale de l’entreprise pratiquant une gestion fiscale transparente se dédouble par l’existence de certaines ponctions fiscales difficiles à satisfaire pour la trésorerie de l’entreprise. Cette lourdeur est due à plusieurs facteurs qui brisent sa compétitivité.
Le premier facteur réside dans le caractère élevé du taux effectif de la pression fiscale à l’égard des entreprises pratiquant une gestion fiscale transparente. Alors que d’autres entreprises supportent un taux de pression fiscale relativement réduit. Il s’agit essentiellement des entreprises soumises au régime forfaitaire d’imposition qui contribuent faiblement à l’effort fiscal et des entreprises éligibles aux divers avantages fiscaux et qui bénéficient parfois d’une franchise fiscale totale.
Le second facteur réside dans l’existence de certaines distorsions fiscales entre les entreprises tunisiennes. La coexistence à côté du régime réel, de régimes forfaitaires d’assiette ou d’impôt pour les entreprises opérant dans le même secteur d’activité, conjuguée avec l’absence de conditions liées à la taille de l’entreprise libérale et agricole pour être éligible au régime forfaitaire d’assiette a consolidé l’attrait de ces régimes forfaitaires affectant non seulement la bonne gouvernance et la transparence de l’entreprise puisqu’elle est dispensée de la tenue d’une comptabilité, mais aussi la compétitivité des entreprises pratiquant une gestion fiscale transparente.
La législation, tout comme l’administration ou l’entreprise elle-même doivent se mettre au diapason de la mondialisation et de ses exigences articulées autour de la concurrence et ses corollaires, la transparence et la compétitivité.

4 mai 2009

La Tunisie va lancer son propre portail de voyages en ligne

Première destination touristique des français, la Tunisie lancera au début de l'année prochaine son propre portail de vente en ligne et concurrencera les sites marchands du secteur.
Fâché du traitement qu'elle subit de la part de plusieurs acteurs de la vente de voyages en ligne, la Tunisie a décidé de créer son propre portail de vente de voyages. Son lancement est prévu au début de l'année 2010.
L'initiative, rapporte "Tourismag", a été annoncée par le ministre du Tourisme tunisien, Khélil Laâjimi durant le séminaire des représentants de l'Office National du Tourisme Tunisien à l'étranger. Selon lui, il s'agit pour la Tunisie de gagner en autonomie te se protéger des politiques commerciales des opérateurs privés, comme l'allemand TUI ou le britannique Thomas Cook. Selon lui, ce dernier aurait ainsi dernièrement supprimé plusieurs vols aériens vers le pays d'Afrique du Nord.
Première destination touristique des français en 2008, la Tunisie a vu ses recettes touristiques progresser de 0,7 % au cours du premier trimestre. Mais le nombre de touristes européens est quant à lui en baisse.

Think Tunisia


La campagne de communication internationale sur l'industrie tunisienne à l'horizon 2016, baptisée « Looking for growth ? Think Tunisia, the euromedvalley for industry and technology”, autrement dit : le partenariat avec la Tunisie, remède anti-crise, a été lancée, mercredi, à Tunis.
Qualifiée de programme pilote, cette campagne a pour principal objectif de mieux faire connaître le cadre incitatif du site-Tunisie (liberté d'investir, incitations fiscales et de change, facilité à l'export et à l'import).
Elaborée dans le cadre d'un pack qui mobilise les ministères de l'industrie, de l'énergie et des PME, du commerce et de l'artisanat, du développement et de la coopération internationale et la centrale patronale (UTICA) avec l'appui de la commission européenne, cette initiative cible, les principaux partenaires commerciaux de la Tunisie, en l'occurrence, la France, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne et la Grande Bretagne.
Dans une première étape, ce programme pilote de communication, qui s'étale sur la période mai-octobre 2009, comporte l'organisation de bon nombre de manifestations à l'étranger (séminaires, forums, journée d'informations, salons spécialisés ), la diffusion, en marge de ces évènements, d'une vidéo retraçant l'évolution de l'industrie tunisienne et les opportunités d'investissement qu'offre le pays, outre la distribution de dépliants et de brochures en la matière.
Autres supports de communication mobilisés à cette fin, le lancement d'un site web "www.thinktunisia.tn"

Toutes ces indications ont été fournies au cours d'une cérémonie organisée, à cette occasion, en présence de MM. Afif Chelbi, ministre de l'Industrie, de l'Energie et des PME, Nouri Jouini, ministre du Développement et de la Coopération internationale, Ridha Touiti, ministre du Commerce et de l'Artisanat, Hédi Djilani, président de la centrale patronale (UTICA), et Adrianus Koetsenruijter, chef de la délégation de la commission Européenne à Tunis.
d’après TAP